Bernard PIERRÉ – P22

6 juin 2016  

Conseiller en efficacité énergétique, membre de la coopérative d’activité Antigone – Strasbourg (Région Alsace)
Promotion 22 (2009-2010)

Mon parcours avant la formation

Ingénieur Supélec de formation, j’ai exercé pendant 25 ans différents métiers techniques dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication en occupant des fonctions de concepteur de logiciel, d’administrateur de systèmes et réseaux informatiques, d’ingénieur technico-commercial et d’animateur du réseau national de partenaires pour un constructeur informatique.

Curieux, éclectique et adepte de l’éco-geste bien avant qu’il ne devienne « tendance », j’essaie de porter localement le message du développement durable par l’exemple concret au niveau personnel et associatif.

Mes motivations à suivre la formation d’éco-conseiller

Passionné par les aspects techniques et relationnels de mon métier d’ingénieur, je me sentais par contre de plus en plus en décalage avec le mode de gouvernance et les objectifs stratégiques de l’entreprise qui m’employait. J’avais besoin de remettre en phase mes acquis professionnels et mes convictions, de ré-ouvrir le champ des possibles et de trouver une nouvelle voie d’équilibre entre mes engagements personnels et la valorisation de mes expériences.

Mon avis sur la formation d’éco-conseiller

C’est une aventure humaine enthousiasmante et très intense !
C’est aussi une formidable cure de jouvence car, après 25 ans de vie professionnelle, reprendre un rythme scolaire ne va pas de soi !
La richesse des rencontres est un atout incomparable pour élargir son réseau et amorcer le délicat virage d’une reconversion.

Au-delà du large spectre de contenus qui a ravi ma curiosité, j’ai surtout apprécié la richesse des outils méthodologiques et les nombreuses mises en situation pratiques qui permettent de structurer une vision cohérente du développement durable.

La formation n’a rien d’un cours académique mais est constituée de véritables rencontres avec des professionnels. Il ne s’agit pas de surfer sur la vague verte. Le cursus a plus de 20 ans de recul et ça se sent : côtoyer des gens de conviction est vraiment stimulant !

ECO-Conseil forme des spécialistes de la mise en lien, de la prise de recul, de l‘ouverture du regard qui sont nécessaires pour aborder des sujets complexes. En cela, c’est une belle école de savoir-être et d’incubation d’une large palette de nouveaux métiers !
Il ne s’agit pas de devenir des experts pointus de tous les sujets abordés. Par contre, adossée à une spécialité préalablement acquise ou à une expérience professionnelle antérieure, la formation d’eco-conseiller permet de construire une double-compétence vraiment différentiante.

Mon parcours professionnel à l’issue de la formation

Je souhaitais mettre mon expérience dans le domaine des technologies de l’information au service du développement durable.

Le domaine de l’efficacité énergétique est un point de rencontre fort entre ces deux disciplines. J’ai donc choisi de développer une activité de conseil dans ce domaine en proposant aux collectivités et aux entreprises :

  • de mieux comprendre les impacts propres des technologies numériques
  • de prendre en compte de la dimension comportementale (appropriation, acceptabilité, vulgarisation/sensibilisation)
  • de définir avec soin l’aspect organisationnel des projets de maitrise de l’énergie (gouvernance, transversalité)
  • de construire une vision stratégique à moyen/long terme de la gestion de l’énergie

Mon poste actuel

Ma 2ème grande interrogation était de savoir quel type de structure ou de statut me permettrait d’exercer ce nouveau métier en cohérence avec mes valeurs personnelles.
J’ai, sur ce plan,  choisi de rejoindre la coopérative d’activité et d’emploi Antigone à Strasbourg. Le principe du portage salarial me permet d’adopter une posture de consultant indépendant tout en conservant un statut de salarié.

La coopérative crée de l’emploi en mutualisant les tâches administratives des entrepreneurs-salariés. Elle propose bien d’autres services comme l’organisation de formations pratiques et de rencontres thématiques. La coopérative, c’est aussi un état d’esprit conforme à mes valeurs. J’ai envie de contribuer à sa construction et à son épanouissement bien au-delà des services qu’elle me rend.

Mes principales missions dans ce poste

Ma première mission au sein d’une Entreprise de Taille Intermédiaire alsacienne consiste à mettre en place un programme d’efficacité énergétique interne et à le mettre en lien avec les démarches de management environnemental et de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise.

Ce que j’apprécie dans mon métier

Etre immergé dans des situations où, en apportant un regard et une analyse extérieurs, je réussis par petites touches à faire bouger les lignes, à faciliter le dialogue et à dénouer des situations. Je reçois en général beaucoup en retour.
C’est souvent en clarifiant les concepts et les enjeux, en les exprimant dans le vocabulaire de chacun qu’on parvient à créer du lien entre expertises ou spécialités cloisonnées et à faire émerger des idées.

Beaucoup de décideurs sont finalement assez conscients que la réflexion stratégique de long terme fait cruellement défaut. Perçues comme un luxe dans le tourbillon quotidien, ces activités de prise de recul deviennent de plus en plus vitales en ces temps de forte turbulence. Ouvrir des chantiers de reconstruction de visions positives est souvent épuisant mais les petits succès sont vraiment enthousiasmants.

Pour moi, être éco-conseiller c’est…

Face à une nouvelle situation, ne jamais considérer une démarche qui a fonctionné comme reproductible. Rester humble, ne pas juger, se tenir en dehors des enjeux de pouvoir et se remettre perpétuellement en question.

Considérer toute expérience comme une opportunité pour enrichir sa boite à outils.
Vivre chaque rencontre comme une perspective d’enrichissement mutuel. Partager et coopérer avec enthousiasme mais sans naïveté, conjurer les peurs et les frilosités.

Remettre sans relâche l’homme et la planète au centre du débat.
Porter un regard critique et élargi sur les modes de fonctionnement de l’économie et des technologies qui doivent toujours être remises à leur juste place : ni panacées universelles ni êtres diaboliques.

Promouvoir l’innovation sociale et organisationnelle, ne jamais oublier la composante irrationnelle des comportements dans tout projet.

Mes conseils aux futurs éco-conseillers ?

La situation dans laquelle est plongée notre planète est préoccupante, inquiétante. Le fonctionnement actuel n’est plus soutenable et est inexorablement condamné. L’énorme remise en cause que cela suppose provoque résistance et déni. Mais des signes avant coureurs témoignent de l’émergence d’un monde nouveau que nous avons la lourde responsabilité de préparer.

Accueillez donc de toutes vos forces l’avènement de ces nouvelles formes de pouvoir latéral, collaboratif, distribué et participatif.

Vous serez très probablement envahi par de nombreux questionnements. Même si c’est forcément déstabilisant, explorez et cultivez positivement les bénéfices du doute ! Les discours les plus péremptoires sont souvent ceux des personnes qui n’ont pas grand-chose à proposer.

Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas que c’est difficile (Sénèque)


En savoir plus sur mes activités

Le site internet de la CAE Antigone